9 janvier 2008
Quand on y pense
Je réfléchis beaucoup. Je ne réfléchis pas toujours de façon très juste, mais mes pensées vagabondent très souvent. Le principal avantage à cela, c'est que je ne m'ennuie littéralement jamais. Je peux faire passer le temps lors de longs voyages rien qu'en me laissant porter par mes pensées. D'ailleurs, pourquoi croyez-vous que je ne regarde presque jamais la télé ? Parce que cela abrutit, elle ne nous laisse pas l'occasion de réfléchir, la sa... la ... la vilaine.
Mais réfléchir, ce n'est pas de tout repos. Je suis consciente que cette activité me coupe de la réalité et finalement, me donne des espoirs trop irréalisables.
J'ai toujours eu une imagination très fertile. Je la dois probablement à toutes ces lectures faites la nuit à la seule lueur de ma lampe de chevet. Et à cela s'ajoute peut-être la réalité trop pregnante et étouffante de mon enfance. A l'école, les professeurs ont toujours fait l'éloge de mon sérieux et de ma rigueur, mais ils ont également souvent regretté mon "absence". J'éprouve beaucoup de difficultés à rester concentrée. Il est tellement facile et tentant de se laisser porter par ses pensées, souvent infiniment plus intéressantes que ce qu'on peut nous enseigner.
Pendant toute mon adolescence, les adultes et assimilés n'ont cessé de vouloir donner une explication à mon mal-être qui soi-disant leur semblait évident. Curieusement, pour moi, rien n'était évident. J'ai entendu toutes sortes de choses, des explications les plus farfelues et diverses qui soient. Peut-être étais-je trop intelligente. Après tout, les génies ont la réputation d'être les plus malheureux. Peut-être me sentais-je déracinée. Peut-être avais-je perdu les repères nécessaires à la stabilité de l'enfant. Peut-être même étais-je malheureuse parce que j'avais trop de poitrine (je vous assure, on me l'a déjà faite, et on semblait tout-à-fait persuadé de la pertinence de l'argument). Peut-être.
Je suis probablement très perturbée. Peut-on être conscient de sa folie ? J'ai pourtant l'impression d'être très lucide. Je ne possède pas toutes les réponses mais je crois accorder plus de temps et d'efforts à leur recherche que la plupart des gens que je connais. J'accorde trop souvent le bénéfice du doute, trop soucieuse de ne pas me tromper, je veux tenir compte de toutes les éventualités. Si je doutais moins, si je me contentais de croire uniquement ce que je pense, je serais certainement moins torturée. Oui mais alors je serais une petite conne. C'est dur, quand même, de savoir que faire.
Au fond, je crois que je suis trop sensible. Pas seulement dans le sens où je suis extrêmement émotive, ce qui est vrai aussi, mais incomplet. Ce que je veux dire, c'est que je suis très à l'écoute de mes sens, de mes sensations et de mon intuition. Ils ne me trompent jamais. Si je m'enlise dans des situations impossibles, c'est uniquement parce que je me suis volontairement engagée dans le sens contraire à ce que m'indiquait mon instinct (vous suivez ?). Du masochisme, probablement. Ou la volonté de se compliquer les choses. Peut-être une honte refoulée de posséder une telle acuité.
Je réfléchis beaucoup, oui, parce que le monde est tellement compliqué. Et je le suis probablement tout autant. Je suis perdue dans un monde que je comprends mieux que moi-même. Je suis en perpétuelle introspection et j'ai très peur de ne jamais me trouver. Et ce qui m'effraie encore plus, c'est la probabilité que personne d'autre ne pourra me comprendre. C'est ça, ma solitude.
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4 commentaires:
J'ai lu ton article sur le blog, je suis bien d'accord avec.
J'ai 47 ans, pas en trop bonne santé (interventions chirurgicales), et je m'inquiète aussi bien pour moi, que pour mes 2 enfants.
Je ne sais pas quoi trop dire d'autre, en voyant l'avenir comme il est promis, la société comme elle est promise, etc,... franchement je ne sais pas par où commencer.
Je penses et réfléchis pourtant énormément également, mais cela ne me mène concretement à rien. C'est bien beau de savoir philosopher, cela n'aide pas à construire convenablement.
Enfin bon,....
Bien à toi.
Non, ça ne mène à rien. Je ne prétends pas sauver le monde avec ça. Je me demande simplement s'il est légitime de continuer à croire en ses rêves, ou s'il ne vaut pas mieux garder les pieds sur terre et affronter la réalité telle qu'elle est.
Je veux simplement croire, parce qu'au fond, la foi en l'homme est tout ce qu'on a.
J'aurais tendance à dire que l'on n'est jamais trop sensible, le tout étant d'accepter et de gérer sinon maîtriser cette sensibilité hyper développée. Ce qui n'est pas une mince affaire, je te l'accorde. ;)
Mon but pour l'instant consiste à contrôler cette sensibilité. Tout d'abord parce que ça m'évitera de me réveiller avec les yeux fatigués et je verrai enfin ce à quoi je ressemble en vrai. Et puis aussi pour mieux appréhender mon environnement.
C'est pas tip top comme qualité, quand même, j'aurais préféré l'empathie, c'est plus utile et moins encombrant.
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