19 avril 2008

The Sound of Music


Ce qui me rend heureuse - parce que je ne suis pas tout le temps aigrie quand même -, c'est l'impression que tout se met correctement en place dans ma vie.

Cela ne m'arrive pas souvent, mais lorsque j'ai ce sentiment, il m'envahit intégralement et me transporte au quotidien. C'est bizarre. C'est stupide aussi. Ce n'est pas parce que quelque chose de positif nous arrive, que sa suite logique, c'est une autre chose de bien. Non, ne cherchez pas, ce n'est pas logique, j'ai dit.

Quoi qu'il en soit, dans ces accès de positivisme, je deviens euphorique. Et lorsque je suis euphorique, je rigole tout le temps, je deviens alors vraiment très drôle, ce qui fait de moi un être socialement très agréable. Et cela devient sans fin parce que mon entourage me paraît alors particulièrement accommodant, ce qui me procure un environnement extrêmement confortable. Vous comprenez ?

En ce moment, je suis dans une phase de positivisme, je suis même au sommet de cette cloche paroxystique.

Tout d'abord, malgré la pression, tout se passe excellemment bien au bureau. Sachant que je travaille de 9h à 20h, du lundi au vendredi, je m'assure donc 55 heures par semaine de contribution prolifique à mon épanouissement personnel.

Le soir, à la maison, Coconne est très câline. Moi, j'aime bien quand elle fait sa machine ambulante à gratouilles. Elle ronronne très fort et on discute en miaulements. Tous les soirs, elle me réserve le plus chaleureux des accueils : un très haut perché "rrrrrrrrr" en se frottant contre mes jambes (non, rien de sexuel, bande de gros dégoûtants zoophiles). En revanche, je redoute un peu le jour où elle m'accueillera avec une portée de chatons sur mes draps hors de prix que j'ai hérités de ma mère. Qui n'est pas décédée, je précise.

Et le reste du temps, je sors avec des gens intéressants, divertissants et beaux, je bois du champagne sur mon bureau, je mange du chocolat ou du gâteau ou des bonbons tous les jours, mes cheveux sont à nouveau raides (finis, les "Tina Turner just called ... she wants her hair back" et autres vannes pourries), j'ai réussi à raccourcir toutes les griffes de Coconne, récupérer mon pressing et nettoyer l'appart' de fond en comble, en une semaine - yeah it happens that fast !

Anywho.

Je suis la première à hocher de la tête lorsqu'on dit que la vie est chienne, mais n'empêche que, parfois, je culpabilise de penser en cachette qu'elle est bien faite quand même. Vraiment, si je n'avais pas cette faculté à occulter le négatif de ma vie, je serais probablement en train de déprimer seule, sans que personne ne s'en aperçoive. Mais heureusement, la vie m'a bien dotée.

16 mars 2008

I Love Paris

Vous avez remarqué ? Quand on mentionne à quelqu'un qu'on vient de Paris, et qu'il n'en est pas de même pour ce quelqu'un, la réaction est toujours la même, quel que soit ce quelqu'un, pourvu qu'il ou elle soit français.

Du mépris.

Pourquoi cela ? A cause de la division Paris/Province ? Par syndrôme d'infériorité maquillé en syndrôme de supériorité ?

Paris, c'est pollué. Paris, c'est encombré. Paris, c'est moche, c'est gris. A Paris, les gens ne sont pas heureux.

A tous ceux-là, je réponds :
"Eh toi, tu parles pas de mon Paris comme ça, ou que je te marave ta face, okay ?"

Non, c'est pas vrai, je ne suis pas comme ça avec les gens. En tout cas, pas avec ceux avec qui je ne travaille pas. Dans la vie réelle, je marmonne plutôt un vague :
"Moui ... mais bon, quand même ..."
Mais je vous ai fait peur, hein ? Haha, quelle farceuse je fais !

N'empêche qu'à chaque fois, je me prends tout dans la gueule. Tout ce qu'on peut reprocher à cette masse de 10 millions de personnes, à toutes ces voitures qui bouchent le périph', aux
16 lignes de métro, aux milliers de pigeons qui font des blagues aux passants et aux voitures, au trop peu de verdure, aux odeurs nauséabondes des coins de rue louches. Et bien oui, c'est Bibi qui se prend tous les reproches.

Mais moi, mine de rien, je suis une fille forte parce que j'ai déjà vécu en province. J'ai adoré mes années passées à Saint-Nazaire. J'aime Nantes et ses dimanches ensoleillés, place du Commerce. Forte de mon expérience, je peux affirmer que Paris reste malgré tout la ville que je préfère au monde. D'accord, je n'ai pas vécu dans toutes les villes du monde, mais c'est comme lorsqu'on épouse quelqu'un. On a pas forcément fréquenté toutes les personnes du monde, mais on sait que c'est cette personne qu'il nous faut.

Je suis très lyrique en ce moment. Ca sent le printemps qui arrive.

Quoi qu'il en soit, je sais apprécier la beauté de Paris.
Les monuments historiques, les couples bien habillés, ceux qui profitent d'un moment anonyme dans la foule, les rues pavées, les immeubles haussmanniens, les quartiers "salad-bowl", les bistrots franchouillards, les femmes qui peinent à remettre leur vélib' dans un encart, les petits vieux qui promènent leur chien ridicule, les bébés dans les poussettes qui font que des bêtises, les rares weekends ensoleillés passés sur une pelouse.

Le matin, lorsque je me dirige vers la bouche de métro, je suis toujours la seule dans la rue à marcher avec un grand sourire sur le visage. Les Parisiens ne se rendent pas compte de la chance qu'ils ont. Moi qui ai été séparée de la ville pendant une trop longue année, je me rends compte que mon bonheur d'être à nouveau ici est ineffable. Alors je profite de ma première bouffée de Paris du matin en fermant les yeux, le vent sur le visage, puis en rouvrant les yeux un mètre plus loin, de peur de bousculer quelqu'un ou de marcher dans une immondice.

Je crois que la plus grande peur qu'inspire Paris, c'est celle d'être seul, perdu dans une ville trop grande. Il y a probablement des personnes qui en souffrent, je m'en rends compte également. Mais ce n'est pas un réel problème car lorsqu'on est à Paris, il y a toujours cette promesse qu'on peut trouver quelqu'un avec qui partager sa solitude, pour peu qu'on s'en donne les moyens.

Mais pour quoi faire ? Pour moi, Paris, c'est la ville du plaisir personnel, c'est une histoire intime entre une ville et son habitant. Chacun y bâtit son histoire, y choisit ses coins favoris, y façonne ses habitudes. Et à partir du moment où on a personnalisé son propre Paris, on a plus envie de le quitter. Parce que c'est ça, être à la maison.

1 mars 2008

Sunday, Monday, happy days !

Oui, oui, vous avez bien lu ! Je suis heu-reu-sssssssse !

Je me sens emplie de ce sentiment epanouissant qui vous submerge lorsque tout rentre en place. C'est un sentiment qui donne le sourire en permanence, sans raison. Oui, exactement, comme les imbeciles heureux. Stupide, et heureuse de l'etre.

J'ai recu les cles de mon nouvel appart aujourd'hui. Trop bieeeen !

Mon stage est epanouissant, formateur et me permet de me la jouer Madame de la Haute. Les seuls points noirs sont la pietre remuneration dont on me gratifie, et les horaires de mineur (9h - 20h, quand tout va bien). Mais j'adore ce que je fais, la ou je le fais, les gens avec qui je le fais. Ouh la, il faut que je fasse attention, ca sonne un peu libertin tout ca.

Et cerise sur le gateau : j'ai retrouve un ami d'enfance que j'ai connu une quinzaine d'annees auparavant. Tout le monde repete que les sites type Facebook et Copainsdavant, ca ne marche pas. Peut etre qu'on ne peut pas recreer une amitie aussi forte qu'on a pu connaitre dans le passe. Peu importe, le plus grand plaisir qu'on en tire, c'est de retrouver des amis, et surtout les souvenirs qui les accompagnent.

J'ai connu ce copain en grande section de maternelle, puis on s'est retrouve dans la meme classe en CP et en CE1. Puis j'ai demenage. J'ai meme enormement demenage dans ma jeunesse (oserais-je dire ma prime jeunesse ? Non, mon lectorat est trop age et aigri pour me le permettre sans me lyncher). Mais retrospectivement, mes plus belles annees se sont passees a Saint-Nazaire. Tout, dans mes souvenirs, y etait parfait. Les personnes y etaient chaleureuses, simples, integres. Mon ecole etait grande et moderne, mes camarades de classe, completement fous. Mon quartier etait anime mais pas trop. L'appartement dans lequel je vivais avec mon pere etait spacieux, et meme que la salle de bains, qui etait egalement attenante a ma chambre, me faisait peur la nuit. Je craignais que les poissons rouges du papier peint ne s'animent et viennent me faire des bulles a la figure dans mon sommeil et que leurs yeux globuleux m'hypnotisent pour faire de moi leur esclave. C'est peut etre pour cette raison que j'ai aujourd'hui cette peur aussi irrationnelle des poissons rouges.

J'aimais aussi les weekends passes a La Baule, a Pornic, a Pornichet, en Bretagne. Je demandais tout le temps a mon pere pourquoi notre plage a Pornic n'etait pas naturelle comme celle que nous avions vue a St Tropez (je voulais dire naturiste). Je ramenais des algues a la maisonm et desfois des crabes miniatures ou des crevettes.

Je me rappelle aussi que mon pere me faisait alors manger des Weetabix au petit dejeuner. Que je jetais par la fenetre de la cuisine des qu'il avait le dos tourne. Je m'etonne d'ailleurs que les personnes du rez de chaussee ne se soient jamais plaint des Weetabix et des yaourts natures sans sucre ecrases dans leur cour.

J'avais fait un caca nerveux pour qu'on accroche le poster de Dorothee dans la salle a manger. Elle avait sa guitare sur l'epaule et les paroles de la chanson "Les Neiges de l'Himalaya" en-dessous. Je passais sa cassette vhs de karaoke en boucle.

A cette epoque, je suis passee a la television pour la premiere fois. La chorale de notre ecole ainsi que celles des autres ecoles de la ville faisaient un concert dans la "soucoupe volante", une sorte de Palais des Congres a St Nazaire en forme de soucoupe volante.

C'etait l'epoque encore ou les enfants jouaient aux billes, les calots et les pepites etaient les DS et iPod de notre temps. C'etait l'epoque ou on pouvait avoir une discussion tres philosophique sur la fabrication du sable mouille. C'etait l'epoque ou j'echangeais mon gouter contre une bague en toc, ce qui ne m'a pas empeche de devenir obese par la suite. C'etait l'epoque ou tout etait fait de petits bonheurs dont on avait pas conscience.

Et moi, ca me manque. Je n'aurais probablement pas aime y vivre toute ma vie, je ne serais certainement pas le personne que je suis aujourd'hui, mais je cheris du plus profond de mon coeur chaque souvenir que j'en ai garde.
 

Free Blog Counter