20 décembre 2007

Allô Maman bobo

Je ne mange que de la salade. Comme les tortues, préciserait Florence Foresti. Évidemment, je mange également des tout petits légumes : tomates cerises, maïs ... quoique ce ne soient pas exactement des légumes, mais je n'ai que ça à mettre dans la balance.

Je vais à l'aérobic toutes les semaines. Assidûment.

Ajoutez à cela que je fais 250 à 350 abdos tous les jours, 50 pompes et quelques minutes de gainage.

Je ne regarde pas la télé - mais je suis régulièrement certaines séries et j'aime regarder des clips. Avec mes goûts de chiottes, comme les définiraient les gens qui me connaissent bien - des gens de goûts, clairement -, on peut dire que c'est du temps et du réceptacle à culture gâchés. N'empêche que je ne regarde pas Le Destin de Lisa, la Star Ac et autres idioties de ce genre. Nan, le Destin de Lisa, c'est nul, je ne reviendrai pas dessus. Et je ne suis même pas désolée.

Lorsque j'ai du temps libre, j'appelle mes amis. Pire, parfois même, je travaille.


Alors imaginez le choc lorsque hier soir, en pleine séance d'aérobic, alors qu'on allait travailler le rythme cardiaque, je suis sortie du cours et me suis allongée par terre dans le couloir, avec cette désagréable sensation que mon corps entier allait imploser et que ma tête, munie d'une résistance, fonctionnait à toute vapeur.
Vous visualisez un peu le drame ?

Je crois que c'est un signe. Ou plutôt un signal, un signal d'alarme.


Ma vie devient trop saine.

9 décembre 2007

Monsieur le baron vous remercie

Cette semaine, je suis montée à Paris (oh mon dieu, je me sens comme une provinciale en disant ça) pour passer un entretien pour un stage dans une banque d'affaires. Avant d'y aller, je m'étais rassurée en me répétant que j'avais le profil parfait pour le poste ; qu'en plus, étant une fille chinoise, j'ajoutais de l'exotisme et de la complexité au profil, et puis j'avais la contenance et la sophistication qui allaient de paires avec la boîte. Nan mais rigolez pas, ça pourrait être vrai.

Ben figurez-vous que la méthode Coué, ça marche qued'.

Pendant toute la durée du trajet en train, je lisais, relisais, me récitais toutes les informations que j'avais récoltées sur la boîte, tout en me remaquillant de temps à autre. Arrivée dans la capitale, je me suis ruée dans le métro tout en me mettant un pschitt de parfum supplémentaire et me rappelant les principaux produits financiers dérivés. En sortant de la station sur les Champs, évidemment, je me trouvais à un carrefour de 6 rues, et la seule chose dont je ne me souvenais pas de mes révisions, c'était la rue que je devais emprunter pour arriver à destination.

Forcément, avec mon intuition féminine défaillante et ma chance habituelle, je pars dans le sens opposé. Prendre des décisions, ça fait partie du métier. Après, si je me trompe, il faut juste espérer que c'est couvert par l'assurance. Je m'apprête à demander mon chemin à la première personne que je croise lorsque cet homme me fait un sourire à la limite de la pédophilie. Gros dégoûtant, va ! Lorsque je demande finalement à la personne suivante, celle-ci me répond, effarée : "oh la la (déjà, ça s'annonce mal) ... mais c'est à l'autre bout, mam'zelle ! Vous en avez pour au moins une demi-heure !"

Heureusement, il me restait dix minutes.

Foi de moi, je ne me laisserais pas faire par la fatalité ! N'écoutant que mon courage et ma vessie au bord de l'insurrection, j'oubliai mes talons de dix centimètres et mes orteils comprimés. Je retraverse les Champs et arrive quelques minutes plus tard sur la rue où j'ai rendez-vous. Sur le trottoir sur lequel je me trouve, je contourne sans m'en rendre compte un panneau de déviation qui invitait à changer de trottoir. Mais la poussée d'adrénaline logée dans ma vessie devait m'aveugler ou supprimer certaines de mes fonctions cérébrales, car j'ai continué ma voie sur le même trottoir. Ce n'est que lorsqu'un agent de police me siffla, que je sursautai et compris que le trottoir était réservé aux députés qui sortaient du bâtiment entouré de policiers. Heureusement pour moi, j'ai un don révolutionnaire pour exprimer l'ignorance ingénue et le regret sincère tout en étant sexuellement désirable. Je vous montrerai un jour comment on fait. La preuve :

"Attention, mademoiselle ! La prochaine fois, je vous passe les menottes, hein !", dit-il avec le doigt réprobateur.

J'arrive finalement dans les locaux de la boîte. Comme beaucoup des immeubles parisiens, la grande porte donne sur une cour intérieure et je me retrouve face à deux portes, l'une donnant sur l'accueil et l'autre, sur l'agence. "Que fais-je ?" pensé-je. Je me rends finalement à l'accueil, où deux femmes séduisantes en uniforme, équipées d'oreillettes, s'agitent dans un hall en marbre. Elles m'annoncent qu'on m'attend au troisième étage dans la cour intérieure du numéro 45.

Heureusement, je me trouvais au numéro 47 (vous avez vu, il y a beaucoup d'incidents heureux dans mon histoire). Arrivée au fond de la cour du numéro 45, j'entre dans un bâtiment aux murs de marbre. Un vieil homme se lève de son bureau et m'indique que je me suis trompée de porte.

"Je suis confuse, je trouvais votre porte tellement accueillante que je me suis permise ..."

Oui, je parlais aussi comme une comtesse. C'est comme ça, quand je vois du marbre. Et encore une fois, mon sens inouï de l'excuse sexy m'a sauvé la vie.

Finalement, j'arrive à l'heure au lieu exact du rendez-vous. La jeune femme qui me reçoit
m'avoue qu'elle s'identifie à mon parcours (jeune immigrée blablabla c'est trop dur la vie) et que j'aurai un deuxième entretien avec le directeur du market.

Puis la soirée se passe avec nettement moins de stress puisqu'on fête l'anniversaire de Yomi. Je m'éclipse rapidement, la ville de province où j'habite n'étant pas aussi bien desservie que Le Plessis Pâté, je dois prendre le dernier train à 19h.

Une fois dans le train, j'enlève mes chaussures de torture et effectivement, mes pieds sont déformés, entre le losange et l'oreille d'elfe, baignés dans une mare de sang.

Dans la vie, il faut vivre dangereusement, je veux bien, mais pas tous les jours alors ! Je tiens à garder mes pieds intacts, moi !

4 décembre 2007

Madame Irma est parmi nous

Je ne crois pas à l'astrologie. Si réré me lisait, elle ajouterait sûrement que je ne crois pas en grand chose, même pas en moi. Pas dans le sens "estime de soi", mais "existence de l'être". ... Comment ça, je suis compliquée ? Je suis une fille, oui ou merde ? (celui qui dit "merde", je le mitraille de mini knackis !)

Je lis parfois ce que les astres me prédisent lorsque je parcours les magazines féminins. D'ailleurs, je tiens à préciser que je ne considère pas ces derniers comme des bibles, contrairement à certaines plus ou moins jeunes filles esseulées qui trouvent la voix de la sagesse en Anna Wintour ou veulent simplement vérifier qu'elles ont des problèmes normaux. Je lis juste ces magazines pour savoir où trouver le petit cardigan de la page 64, c'est un usage plus pragmatique. Mais je ne sais pas si je me rattrape vraiment, là ...

ColocAno nous a abonnées à un magazine des plus intellectuels, qui a le pouvoir thaumaturge de nous rendre "glamour" à sa seule lecture. Et ce mois-ci, enfin, pour le mois de décembre, un petit livret consacré à notre année astrologique 2008 l'accompagne.

Moi, je n'y ai jamais cru, mais j'aime savoir que je vais avoir une augmentation le mois prochain (alors qu'on ne travaille pas). Ou que je vais tomber sur un homme pour lequel je remuerai ciel et terre mais qui est marié. Ca fait toujours sourire béatement et bêtement.

En plus, avec ma chance habituelle, j'ai le signe le plus dégueulasse du zodiaque. Déjà que je n'étais pas assez compliquée en tant que fille, il faut qu'en plus je souffre d'une double personnalité - à défaut de savoir en tirer profit - et d'une forte tendance à la dépression. Heureusement que je ne crois pas à ces balivernes, dites donc.

Cependant, le guide de survie de la fille glamour me dit qu'en 2008, je vais avoir des tas d'opportunités professionnelles. Je vais briller au bureau et tout le monde ne tarira pas d'éloges devant mes capacités exploitées au maximum. Sauf que je vais me la péter. Ah merde, c'est encore Pluton qui m'a trahie ! Sale Judas, va ! Et des chasseurs de têtes vont chercher à me débaucher. Bon, ça veut au moins dire que j'aurai un travail. Ou que je sauterai sur des promotions canapés à tout va.
Ah et aussi, je vais trouver le grand amour en mai ou en juin.

Eh ben ! L'année 2008 s'annonce super ! Je vais prendre le melon, devenir une Marie-couche-toi-là, et me faire piétiner le coeur à nouveau. Ah bah c'est le pompom.

Qui a dit que les horoscopes servaient à nous aider à positiver ?
 

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